Parfois il faut grandir et affronter ses fantômes.
Parce que les autruches se retrouvent toujours avec de la terre sur la gueule.
Cette nuit, j'ai mal dormi. J'ai rêvé d'elle.
La "deuxième" de mon père. Oui.
Celle qui le pousse un peu plus dans le gouffre de la dépression, et qui l'éloigne encore plus de moi, comme si le fossé qui nous sépare n'était pas suffisant.
Et puis j'ai appris aussi. En deux petits jours j'ai compris un tas de choses.
Tirer des traits, ce n'est pas si facile. On peut se raconter des belles histoires. Se mentir à soi même. Mais foutre le nez dans la terre pour oublier ça ne dure pas. J'aurais tenu presque deux ans, je trouve cela salutaire.
Je dois dire que je repense à lui aussi. J'avais fait mon rêve de "deuil" et puis il est revenu me parler, le 31 au matin. Ca aurait pu en rester au souvenirs rayons 2007.
Ca aurait dû. Mais pendant une bonne semaine je me suis pris la tête sur "faut-il retendre la main vers ceux qui nous ont trahis autrefois".... Leelou je t'interdis de répondre à cette question. En fait, personne ne peut répondre quelque chose de censé.
Parfois, je voudrais que ce soit plus simple.
Que je me comprenne plus facilement. J'ai par exemple découvert, il y a... bin hier, qu'en fait mon vieux caractère de merde s'installait avec la routine. Et plus j'y réfléchis, et plus je me dis que je ressemble à mon père. Et plus j'ai peur. J'aime pas les ressemblances. J'aime pas les cercles vicieux.
Ma mère m'a envoyé le "mail de la dernière chance". C'est étrange de recevoir ça de sa mère. S'apercevoir que j'ai voulu tellement séparer les choses qui allait bien des choses qui allaient mal que je suis une étrangère dans ma propre famille. Déçue de son frère. Réduite à minable par sa soeur. Exaspérée par les faiblesses parentales. Et gamine, à penser ça.
Un jour, on se réveille, et on s'aperçoit que nos parents ne sont pas des supers héros mais juste nous en un peu plus vieux. Avec nos peurs, nos doutes, nos passions.
Bin moi ça me donne envie de chialer.
Je me sens con, comme je me sens dans le vrai. Je piétinne et je sais pas où aller. Des fois j'aimerais arrêter de me faire des farces pas drôles.
J'ai mis tellement d'oeillères sur ma vie que j'ai pas sû apprécier le minimum. Sauf quand j'avais la tête libre, et ça fait bien longtemps que ça m'est pas arrivé.
Il a fallu que je me répête dans ma tête les moments de bonheur pour que j'y crois dur comme fer.
Mais quand je me retourne sur le champ de bataille j'ai l'impression d'être à Waterloo, sans y avoir jamais été.
Le fruit de quoi ? Du bonheur jalousé chez les autres ? Du dénigrement personnel perpétuel ? D'un cogitage intensif et sempiternel ? Du premier d'un longue liste qui aura détruit tout ce qu'il restait de naïf et de pas désabusé en moi ?
Je sais plus où je suis. Ni où je dois aller. Parce que les tournants les plus radicaux de mes relations sont en attente d'un 17 mai. Parce que putain je voulais pas me trainer ces boulets là pendant le voyage. Et pis c'est raté.
J'étriperais cette connasse qui rempli de larmes les yeux de ma mère au nouvel an.
Je te bousillerai. Comme tu as bousillé le semblant de vie de famille qu'il aurait pu nous rester.
Et qui m'emmènera loin ? Qui me prendra dans ses bras et me serrera fort en me disant que tout ira bien, sans me mettre de coup de poignard dans le dos 2 mois plus tard ? sans devenir amnésique, borderline, schizophrène ou suicidaire ?
Si Amélie s'occupe de la vie des autres, qui va s'occuper de sa vie à elle ?
Je sais que mes amis sont là et je ne leur en demanderais pas plus. Parce qu'on a tous des coups de pas bien.
Et puis au rythme où j'en suis, c'est un psy qu'il me faudrait.
Mais demain est un autre jour....