Avec tout ça, j'ai oublié un truc important.
Le 08 janvier, ça faisait deux ans que j'avais ouvert ce bordel infernal.
Je vais tenter de ne pas faire un article-popiette.
Commencer par... ce dimanche où j'étais devant ma grosse machine de guerre Brenouilloise, ce qu'on appellerait en société le "PC de la famille". C'est pas évident à resituer dans les souvenirs, mais le but de ce blog c'était de pouvoir écrire quelque part ces choses que je ne pouvais pas dire. A l'époque j'étais à quelques jours des retrouvailles avec mon schizophrène. Je vous raconterai l'histoire de mes histoires merdiques, si ça vous intéresse.
Hum, de l'eau à bien coulé depuis, j'ai l'impression que c'est une autre vie. Si tu passe un jour par là, j'espère que tu vas bien, et que tu as arrêté les tendances suicidaires.
De l'an dernier où quand je faisais l'article de la première bougie, j'étais toute en joie et je ne sais même pas pourquoi d'ailleurs. Mes périodes up sans raison. Je me souviens à quel point le commentaire de Beu(2) (y a pas de carré sur les claviers quebecois !) m'avait marqué, m'avait fait plaisir. Et à quel point il n'avait pas tord.
Dans ce petit article joyeux je faisais un constat sur l'évolution en un an. Que devrais-je dire maintenant....
On sait pas trop ce qu'on devient, au fond j'ai toujours l'impression d'être la même petite fille, la faculté de comprendre ce que disent les grands en plus. Au fond, j'ai toujours les mêmes rêves et la même naïveté, associé à un drôle de caractère qui s'est créé petit à petit à votre contact. L'impression d'un moi qui m'est poussé dans le dos, et comme un chien, j'ai beau faire des tour sur moi même, l'air con, impossible de m'attraper et de me regarder en face. C'est plate.
J'étais à dix milles bornes d'imaginer que là tout de suite maintenant, je me retrouverais ici, là bas, ailleurs. Sur une chaise en bois, sur une petite table, en face d'un mur, à coté d'une porte, dans un appart à Montréal. J'étais à dix milles lieues de savoir que j'arriverai à ce parcours, quand je venais d'avoir mon bac.
Une époque, comme tant d'autres, où certaines personnes comptent tant. Ces mêmes personnes avec lesquelles on a plus de contact. Comme des lianes, des rencontres s'éteignent et d'autre viennent vous rallumer. Mais bizarrement, je ne sais pas oublier mes anciennes ampoules. D'ailleurs cette nuit j'ai rêvé de mon premier grand amour, trop bizarre.
Bon bref.
Cette année, j'ai organisé avec mes comparses un voyage en Irlande.
J'ai rencontré un mec qui me l'a bien rendu, encore. Mais trop bonne, trop conne, trop de la merde dans les yeux, je suis à peu près sûre qu'on ne perdra pas contact. Il n'a pas enfoncé le couteau assez profond pour moi.
J'ai appris à dire. A dire "je t'aime" à dire "je t'en veux" à dire "y a un truc qui va pas", et même à communiquer avec mes parents.
J'ai vu une utopie enfantine s'effondrer. Et des lueurs s'éteindre dans les yeux de certaines.
Mais j'ai aussi fait énormément de rencontres.
J'ai eu de gros délires de merde
et de grosses cuites
J'ai découvert que boire de l'eau avant d'aller se coucher quand on s'est mis une mine, ça évitais le mal de crane.
J'ai appris à faire la cuisine, le repassage, les courses, une lessive, à payer mon loyer, à gérer mon argent, à vivre, à 6000 km de mes racines. Et le bilan est super positif, bon le compte bancaire un peu serré certes...
Je suis devenue ce qu'on pourait appeler communément une "jeune adulte" même si ça me fait exploser de rire devant mon manque de crédibilité latent.
J'ai appris à être un peu plus sociable.
J'ai fais de très gros travaux sur moi même, et même si ça fait à peu près aussi mal que de faire des abdos, parfois je me dit que me formater c'est pas plus mal.
J'ai fait de belles découvertes musicales.
J'ai fait de belles découvertes amicales.
J'ai essayé d'être là
J'ai été nostalgique
J'ai vécu des engueulades
et des adieux sur quai de gare
J'ai arrêté de chercher l'amour, vu la foi que j'ai en ce truc là
J'ai fais du bénévolat au samu social
Je me suis aperçu des gens que j'appréciait vraiment, qui comptait, qui me manquait, que je voulais voir, qui me faisait pleurer à leurs retrouvailles, qui me faisaient rire, qui me changaient les idées, qui m'apaisaient, m'énervaient
J'ai bossé grave ma mère
J'ai fait des arrêts sur image en me disant que "ah bah ouais, en fait je suis heureuse"
de ces petites choses que j'aimerais tant pouvoir transmettre à certain(e)s, comme une chanson entrainante, un riff de guitare, un rythme de percu, un échauffement vocal de théâtre, un coup de vent dans les cheveux, un flocon de neige dans les yeux, comme les plumes d'un coussin, comme un truc un peu léger, sans prise de tête, comme un mocaccino crême fouettée, comme une clope avec les doigts bleus, comme un chauffeur de bus qui dit bonsoir, comme Bridget Jones et Mark D'Arcy, comme un pot de Nutella qu'on vient juste d'ouvrir, comme un bon fromage, comme une partie de Sudoku niveau difficile terminée,...
comme un ptit sourire
Ce blog j'ai souvent voulu y mettre fin, et puis finalement j'ai toujours trouvé des trucs à mettre dedans, parce qu'après tout, ça reste un bon condensé de ce gros tas de moi. Avec de l'amour raté, des amitiés réussies, des week end, du blabla et de la musique. Et vous.
Ce blog en un an, aura vu pas mal d'articles avortés, comme des couples d'ailleurs, comme des aléas, des hauts, des bas, une vie.
En deux ans, sans m'en rendre compte j'aurais eu des milliards de personnalités différentes. J'ai pas pu freiner contre le temps et j'arrive déjà à mes vingt ans. Ce blog sera la trace que, un jour, mon âge commencait par un 1 (et avait deux chiffres :D)
Un bon observatoire au final.
Je remercie ceux qui auront fait ce mélange étrange, mes éléments chimiques à moi. Ceux d'avant. Ceux de maintenant. Ceux à venir.
Finir, par ce samedi soir d'une journée où je n'avais pas envie de faire grand chose. Veille d'un départ au ski pour une journée. Second jour de 4 mois restants loin de vous. Mais pas si loin au final....
thx.
You wanna be ruled / You wanna be fooled / You wanna be a woman like a man