Parler de moi, de ma vie minable, de ma façon de voler le bonheur des autres parce que j'en suis jalouse. De ma façon de penser que je suis une moins que rien, de ma lucidité sur ma cruauté envers moi même. Mais la lucidité ça ne fais pas tout et tu pourras me dire que je suis juste une personne normale, penses-tu que je te croirais ?
Dire que tout ça, je pourrais le dire à mes amis, les amis, c'est fait pour ça, pour t'écouter. Mais le sac est trop lourd pour que je vous l'inflige.
Parce que je fais tous les efforts possibles et inimaginable pour être à la hauteur, arriver à votre niveau, et même à peine à votre cheville je rame pour garder la performance.
Parce que je suis une personne minable qui ne sait rien faire d'autre que tout gacher et faire du mal à ceux qu'elle aime, parce que là encore je me plains, alors je devrais me taire, mais c'est un cercle vicieux. Et il dure depuis tellement longtemps.
Parler de mes belles théories sur la vie, qui m'enfoncent un peu plus. De mon attente interminable de l'épaule sur laquelle je pourrais enfin me reposer de ma course infinie au bonheur. Y a les gens doués pour, et puis y a les autres. C'est comme les problème. Y en a qui en ont des vrais, y en a qui préfèrent se les inventer. Je me dégoûte.
Parler de larmes qui coulent sans raison, sur tes épaules à toi, qui ont coulés sur les vôtres aussi. parler de mon envie de me biturer parce que c'est peut etre la seule chose qui m'allume encore un peu. Qui me fait du mal et peut me détruire de l'intérieur. On n'a pas trouvé mieux.
Parler de force au visage de faiblesse, au point de ne même plus savoir si je vais bien ou non. De ne plus savoir ce que je veux. De ne plus savoir pourquoi je me leve le matin. Si c'est pour finir comme ça, toujours, encore, à quoi bon. Si c'est pour se fatiguer à se battre contre cette connasse de vie, alors qu'on sait tous qu'elle gagne de toute façon, et qu'on sors jamais vivant du duel. Si c'est pour continuer à avancer dans la brume des illusions, avec dans la tête cette sempiternelle voix qui me dira que je suis la plus grosse merde du monde, et encore, là ce serait un compliment.
Je suis fatiguée. Fatiguée de porter ce sourire tout les jours et de me mettre de coups de pieds au cul tellement forts que mes fesses vont passer devant bientôt. Fatiguée de me forcer à y croire encore, pour toujours être la pour les autres, mais t'es plus au collège Mylene et les autres n'ont pas besoin de tes solutions pour aller mieux. Fatiguée de jouer cette fille forte qui a appris par ses expériences que la vie c'était pas rose mais que c'était à nous d'acheter de la gouache. Mais si j'ai plus les moyens, la maison ne fait pas crédit. Moi la vie je la vois en gris, et tout ce qui me fait vivre encore, c'est de fuir. Au Québec, aux Etats Unis, une autre ville, un autre pays, un autre continent. Quand je serais blasée de tout cela, il faudra me trouver une autre lubbie.
En attendant, advienne que pourra.